Depuis toujours je palpe les creux et les bosses de la Terre-Mer. Il m’importe d’en arpenter les régions avec mes muscles et mes os, mesurer avec mon souffle, connaître avec ma peau, sinon ce n’est pas un voyage pour de vrai. Je marche, je nage, je pagaye. J’aime rencontrer les autres animaux, même les humains, et partager un moment leurs façons. Mon Frère-le-Carnet m’accompagne. Dans ses pages, je pose au jour le jour les traces d’émotions. Surtout des textes, parfois un fruit écrasé, une peau de poisson ou un croquis tremblé. Puis je m’arrête, je remodèle tout, posément. Ça prend un an. Ça devient un livre qui s’en va vers un public.