Asiem El Difraoui, égypto-allemand, est politologue, auteur et producteur de documentaires internationalement récompensés. Il croit profondément qu’il ne faut pas se limiter à une seule forme d’expression pour décrire les réalités politiques ou sociales. Ainsi, Les Carnets Egyptiens sont nés de l’idée que la couverture médiatique et les analyses sur l’Egypte se limitaient presque exclusivement à une vue en hauteur du Caire sur la place Tahrir à une certaine période, et aujourd’hui à la guerre dans le nordi du Sinaï (qui est d’ailleurs difficile à représenter médiatiquement). Selon l’expression du metteur en scène et activiste célèbre Amr Salama « les Egyptiens sont un peuple qui ne se connaît pas ».

Asiem El Difraoui a sillonné presque tout le pays à la rencontre des Egyptiens. Il n’avait avec lui qu’un stylo, plus exactement un iPhone pour établir -sans caméra- un contact le plus direct possible avec les personnes qu’il a rencontrées. Les descriptions des personnages et des situations lui permettent de dresser l’état des lieux d’un pays en plein mouvement, au sein duquel les tensions sociales, religieuses et ethniques, longtemps occultées, éclatent en plein jour. Ce portrait de l’Egypte contemporaine va à la rencontre des hommes et des femmes de toutes les classes sociales (de l’élite richissime réfugiée au bord de la mer Rouge jusqu’aux très pauvres des bidonvilles du Caire), de tous les groupes politiques et religieux (révolutionnaires laïques, Frères musulmans, salafistes et chrétiens), d’ethnies diverses (des bédouins rebelles du nord du Sinaï jusqu’aux Nubiens de la Haute-Egypte qui rêvent de leur retour sur les berges du Nil.

A. El Difraoui a été dans une autre vie journaliste de guerre. Il a conseillé des gouvernements européens en matière de politique étrangère et de lutte contre le djihadisme. Il a travaillé en particulier sur le rôle des médias pendant le « printemps arabe’. Il est l’auteur, entre autres, d’Al-Qaida par l’image » (PUF 2013).