Urban Sketchers

Les Urban Sketchers Paris sont arrivés à Clermont-Ferrand pour le 21e Rendez-vous du Carnet de Voyage. C’est l’occasion de rencontrer Claire Archenault, Marielle Durand, Brigitte Lannaud Levy, Mat Let, Tula Morales et Marion Rivolier pour qu’ils vous parlent de leur immersion au cœur de la prison de la Santé à Paris, où artistes et détenus se sont rencontrés grâce au dessin. Un ouvrage « Voyage autour de ma cellule » et un film « Frontières » sont nés à la suite de cette expérience.

Que venez-vous présenter au festival ?

Marion Rivolier : Le collectif Urban Sketchers Paris vient présenter  Voyage autour de ma cellule, une immersion artistique au sein de la prison de la Santé à Paris. C’est un projet pluridisciplinaire qui mélange nos dessins, des artistes et des détenus, les photographies de Carole Charbonnier et un film de David Rivolier et moi.

Le projet a commencé en janvier 2020, nous avons fait une immersion de 4 jours pendant 2 mois à la prison de la Santé. Nous avons donné des ateliers de dessin, d’«urban sketching» à une vingtaine de détenus. Le but était de les faire dessiner pour les faire participer à une œuvre collective qu’on a exposée sous forme de performance à la Conciergerie à Paris, en juin 2020.

Le projet a continué car le directeur de la prison de la Santé a souhaité faire revenir cette œuvre dans la prison. Elle est exposée de manière permanente.

Quel a été le retour des détenus ?

Marion Rivolier : À la suite des ateliers, certains ont commencé à travailler en autonomie en cellule. L’un d’entre eux a même commencé un projet de BD autour de son histoire personnelle et de son incarcération.

Nous les avions aussi initiés au reportage dessiné et certains détenus continuaient leurs exercices en dehors des sessions où nous les rencontrions et ils racontaient leur quotidien avec textes et dessins. Un vrai voyage autour de leur cellule.

Quelle a été la rencontre la plus marquante ?

Marion Rivolier : C’est un projet tellement fort et intense que toutes les rencontres ont été importantes. La rencontre avec ces hommes qui se mettent à dessiner en regardant tous dans la même direction vers l’horizon et le point de fuite, c’est marquant. Grâce au dessin, il y a un langage commun qui se met en place alors qu’ils viennent de milieux complètement différents. C’est le dessin qui nous emmène ailleurs.

Vous avez des projets ?

Marion Rivolier : Nous avons auto-édité deux livres sur cette expérience pour venir au Rendez-vous du Carnet de Voyage.

Un premier livre Voyage autour de ma cellule, raconte le récit de notre aventure. Le deuxième est la compilation de tous les ateliers faits en détention. La prochaine étape est de montrer ce projet dans sa globalité (dessins, film, photographie).

Pourquoi avoir décidé de faire un film ?

Marion Rivolier : Le projet s’est mis en place rapidement et on s’est dit qu’il fallait garder une trace sans avoir d’idée préconçue. On était ouverts à ce qu’on allait vivre en détention. Les premières images ont été filmées au début de l’aventure, on a continué à travailler dessus et ça fait désormais 1 an et demi qu’on travaille sur ce film. On est retournés en détention pour créer ce film dans un milieu privé de liberté. C’est un film sur la création et le dessin, pas sur la détention.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Marion Rivolier : Un autre projet engagé comme le nôtre, l’exposition de Damien Roudeau avec Médecins Sans Frontières.

Quel est le rêve qu’il te reste à accomplir ?

Marion Rivolier : C’est un rêve que je ne connais pas encore et il reste à découvrir.

Frontières