Marion Delattre et Christian Meneses Saez (Abyayala)

Abyayala est un duo qui s’inspire du mouvement muraliste sudaméricain. Marion Delattre et Christian Meneses Saez, artistes intervenants, plasticiens, voyageurs, travaillent aussi sur l’illustration pour carnets de voyage et revues, livres pour enfants, gravures sur bois et artisanat d’art, en alliant création personnelle et valorisation culturelle des lieux visités. Rencontre avec deux artistes passionnés durant le Rendez-vous du Carnet de Voyage.

Que viens-tu présenter au festival ?

Marion : Christian est chilien et je suis française. On travaille et on vit ensemble mais on fait des carnets séparément. On présente un ouvrage auto-édité disponible à la boutique du festival sur un voyage à vélo qui a duré 4 ans, en Amérique du sud. C’est une compilation de dessins de Christian et des miens. Il y a les textes de Christian traduits en français.

On s’est rencontrés en Colombie. Christian est parti de Santiago de Chile et il a parcouru 25 000 km, moi je n’ai pas compté. Il est monté par le Pérou, l’Equateur, la Colombie. Moi j’ai commencé en vélo au nord du Brésil. Le voyage de Christian a duré 4 ans, le mien a duré 1 an et demi.

Nous avons aussi amené beaucoup de carnets sur des voyages qu’on a effectués.

On présente également des gravures sur bois et sur lino, inspirées de ce qu’on voit en voyage. On fabrique des bijoux avec des matériaux récupérés en voyage. On fait aussi de la fresque murale participative, on anime des ateliers pour tous les âges (pas besoin de savoir dessiner ou peindre).

On vit aussi bien de ça en France qu’en voyage, où l’on crée fresques et bijoux. C’est assez universel. Ça permet de financer le voyage. On vit en bougeant.

Est-ce qu’il y eu une rencontre forte ?

Marion : j’ai vraiment découvert en Amérique latine la pratique du muralisme. J’ai rencontré plein de personnes qui peignent dans la rue et qui offrent le pinceau à qui veut. Ça m’a ouvert l’esprit sur cet art social qui permet de passer beaucoup de messages. Ces peintres de rues ont été importants pour moi. Ça a été fort de rencontrer beaucoup de femmes artistes. Elles m’ont montré qu’une femme seule peut s’en sortir dans le monde artistique et peut voyager seule.

Christian :  C’est la communauté afro descendante au Pérou, El Carmen, qui m’a marqué. C’est une communauté où la musique et la danse sont très importantes. J’ai passé presque 3 mois là-bas, c’est comme une grande famille de musiciens, d’artistes. C’est une communauté d’anciens esclaves.

Quels sont vos projets ?

Marion : Normalement on repart au Maroc cet hiver.  J’ai eu une expérience d’illustration d’un livre d’enfants, j’ai envie de continuer. J’ai aussi envie de faire un roman graphique sur le thème de l’accouchement et des sages femmes. On a beaucoup de projets de fresques pour le printemps avec une compagnie de théâtre, on fait leur décor sous forme de pochoirs graffés en live sur le thème des différences de genres, Roméo et Juliette revisité par la compagnie Orageuse sur la Larzac.

Quel est votre coup de cœur du festival ?

Marion et Christian : L’ouvrage sur la maternité de Caroline Cazor.

Marion : J’aime les dessins de Laurent Bonnet et le témoignage de Wendy sur les éléphants.

Christian : Jérémie Bonamant-Téboul.

Quel est le grand voyageur qui t’inspire ?

Marion : Corto Maltese car il voyage et se laisse complètement aller, il ne prévoit jamais rien. Pour moi, c’est ça le voyage, ça ne passe pas toujours bien mais c’est le vrai voyage de se laisser porter par les événements. Il est très nonchalant et j’aime bien.

Quel est le rêve qu’il vous reste à accomplir ?

Marion : J’aimerais nager avec les baleines.

Christian : Voyager en Asie.

Je te donne un billet sans retour où allez-vous ?

Marion et Christian :  Au Mexique avec notre fille née au Chili et notre chien adopté au Brésil.