Livio Fania

Livio Fania est un architecte italien passionné par le voyage et les langues. Il vient présenter durant tout le week-end au festival, un carnet de voyage au Cap-Vert : "Il Cammino delle gocce" (Le Chemin des gouttes), qui retrace la passion de l’artiste pour la musique.

Que viens-tu présenter au festival ?

Je viens présenter mon carnet de voyage sur le Cap-Vert. J’y étais pour la première fois en 2019, pendant 2 mois et demi. C’est un carnet de voyage sur la musique car je suis allé au Cap-Vert pour faire construire un instrument de musique qui s’appelle Cavaquinho. Je joue de cet instrument en concert. Au Cap-Vert il y a une variété d’instruments qui n’existent que là-bas.

Que raconte cet ouvrage ?

Il documente la construction de cet instrument à Mindelo. Il y a beaucoup de portraits dans cet ouvrage car ils m’a permis de rencontrer des inconnus dans la rue. C’était un moyen de commencer une conversation. Il y a aussi dans ce carnet les lieux que j’ai visités, mais la partie la plus importante reste les gens et les musiciens. Avec l’instrument, j’ai fait des « jams » et parfois je jouais durant les concerts. Il y a une petite vidéo faite par la télévision cap verdienne où je joue de cet instrument. Le pays est tellement petit qu’ils ont très vite su qu’il y avait un carnettiste.

Quel a été le moment fort de ce voyage ?

La télévision m’a proposé d’assister à un spectacle de danse traditionnelle qui s’appelle Batuque et j’ai dessiné pendant cette danse. Avec un dessin c’est compliqué de retranscrire l’énergie que dégage la musique surtout quand cette musique est basée sur la percussion et le chant polyphonique. C’était un moment que je ne sais pas comment décrire. On en ressort différent.

Tu as des projets ?

Au Cap-Vert j’ai dessiné beaucoup de gens et je me suis aperçu de l’importance de faire des portraits pour créer un espace de convivialité, pour rencontrer des gens, mais je voulais l’appliquer à une thématique plus engagée. Je collabore avec une association qui s’occupe des réfugiés et demandeurs d’asile pour faire des portraits avec un journaliste. Je l’ai déjà fait avec France Terre d’Asile et j’ai exposé dans des centres d’hébergements de demandeurs d’asile. Je fais la même chose actuellement avec la CIMADE. Dans ce cas, on veut exploiter le potentiel du portrait dans un mode journalistique afin de garder l’anonymat de la personne sans papier. Le portrait permet d’effacer cette contrainte.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Lapin, c’est le grand maitre. Il m’inspire.

Quel est le livre que tu nous recommandes de lire ?

« L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. Cela montre l’importance des petits gestes, de comment on peut faire des changements, petit à petit.

Quel est le grand voyageur qui t’inspire ?

Etienne Druon car c’est un vrai voyageur qui vit l’expérience à 360°C.

Quel est le rêve qu’il te reste à accomplir ?

Ecrire un roman et l’illustrer.

Je te donne un billet sans retour où vas-tu ?

Au Cap-Vert. C’est un voyage qui m’a complètement changé la vie. C’était la première fois que je sortais d’Europe. C’est un pays dans lequel j’ai beaucoup appris car les gens étaient heureux sans les besoins qu’on se crée en Europe. Ils ont un talent pour atteindre le bonheur avec ce dont ils disposent. Nous, on a tendance à chercher ailleurs le bonheur en partant à la quête des choses que l’on n’a pas. Là-bas, c’est l’inverse.