Laurent Bonnet

Graphiste indépendant et enseignant basé en Suisse, Laurent Bonnet est parti à la rencontre des éléphants du Mékong (Laos). Une expérience inoubliable.

Que viens-tu présenter au festival ?

Le carnet de voyage réalisé au Laos à la rencontre des éléphants du Mékong a été un voyage dingue d’une semaine dans lequel j’ai vraiment fait la rencontre d’éléphants. J’ai pu en apprendre davantage sur leurs problématiques d’extinction, car ils sont exploités au Laos. Sur place j’ai rencontré Wendy et Benoît qui s’occupent des éléphants dans un sanctuaire. Ils maintiennent les éléphants dans un cadre le plus sauvage possible. Ils ont même réussi à avoir deux éléphantes enceintes. Il faut savoir que les femelles n’arrivent plus à tomber enceinte car elles sont trop stressées. Ces animaux sont exploités pour travailler, pour le tourisme, ils sont maltraités.

Le Covid-19 n’a pas aidé la situation sur place. Wendy et Benoît ont été totalement bloqués. Depuis que je les ai quittés en mars 2020, ils n’ont eu aucun touriste. Il y a un groupement Mekong Elephant Park qui s’occupe des éléphants et essaye d’avoir des financements pour les protéger.

Comment avez-vous rencontré Wendy ?

En 2019, je suis venu au Rendez-vous du Carnet de Voyage et j’ai présenté « On a roulé sur le ciel ». Sophie Squillace, qui a écrit les textes de ce carnet, connaît Wendy et elle me l’a fait rencontrer. Quand j’ai appris l’existence de ce sanctuaire pour éléphants, je me suis dit qu’il fallait que j’aille le voir sur place.

Quelle a été votre rencontre marquante durant ce voyage ?

Wendy qui aide les éléphants a été une rencontre marquante. C’est incroyable de voir la passion qu’elle a. Il y a aussi eu la rencontre avec les éléphants. Je pensais que comme les vaches, il y a des vaches différentes. Mais c’est bien plus différent, les éléphants ont un caractère personnel qui leur est propre. Un jeune éléphant curieux comme tout venait me voir les yeux dans les yeux, et avoir l’animal à 50 cm de soi, c’est impressionnant.

L’ensemble de la vente des carnets revient à l’association de Wendy.

Était-ce la première fois que vous rencontriez des éléphants ?

Non, j’en avais déjà rencontré à l’état sauvage, en Inde, en Afrique. Mais c’est toujours impressionnant de voir cet animal énorme.

Quels sont vos projets ?

Après ce carnet de voyage sur les éléphants du Mékong, j’ai fait un journal. C’est chouette dans un 2ème temps d’écrire des textes.

Pendant le Covid, j’ai fait deux travaux différents autour de cette crise sanitaire. Il y a tout d’abord, « Effet Covid », disponible pendant le festival. Le Covid est-il noir ou blanc ? Je l’ai dessiné au quotidien pendant 77 jours, pour créer son image, peut-être pour l’amadouer ou lui faire peur, pour le faire disparaître.

Puis il y a le journal « Ma Maison confinée », où j’ai dessiné toutes les pièces de la maison pendant le Covid. J’avais dessiné une pièce de la maison et j’ai un copain parisien qui m’a dit d’en dessiner davantage pour faire visiter la maison. Voilà comment est né ce projet.

Et en début d’année, j’ai dessiné tous les oiseaux qui venaient dans mon jardin en Suisse. Dans ce carnet « Petite histoire de passereaux », j’ai dû écrire, c’était difficile. Ce n’est pas le même travail d’écrire. Dans mes carnets en Mongolie, Sophie écrivait.

Pour les oiseaux, j’ai été touché par des tas de choses, mon cousin m’a raconté comment les observer. Ce sont de petites histoires que j’avais envie de raconter.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Il y en a plein. L’Espagnol Santi Salles, je le trouve extraordinaire dans sa manière de travailler. Rosemary Taleb-Rivière réalise de superbes dragons.

Quel est le livre que tu nous recommandes de lire ?

« Le Frisson de la moto » de Sophie Squillace avec qui j’ai collaboré pour le carnet du Mékong (éditions Transboréal).

Quel est le grand voyageur qui t’inspire ?

Mon papa. C’est un archéologue qui a fait des fouilles au Soudan. Involontairement il m’a donné le goût du voyage. Je pense que c’est un grand voyageur, parti dans les années 1960. Je voyage beaucoup et je pense que c’est lié à ça. Il a un côté Indiana Jones que j’adore.

Quel est le rêve qu’il te reste à accomplir ?

L’histoire de la poule bleue, une petite poule qu’on connaît tous mais qui va devenir bleue. Je suis en train de dessiner l’histoire de cette poule. Mon rêve c’est d’éditer ce projet.

Je te donne un billet sans retour où vas-tu ?

A Darjeeling (Inde). J’ai trouvé cet endroit extraordinaire. C’était ma première fois en Asie. Pour moi, vivre sur une montagne à 2000 mètres d’altitude est assez extraordinaire. La ville est encore assez marquée par l’occupation. Il y a un charme à l’indienne, c’est le bordel mais c’est super. J’y étais allé avec le Blue bird of Himalaya.