Laura Ruccolo

Après le Portugal et le Brésil, Laura Ruccolo a posé ses valises en Allemagne. Paysagiste française polyglotte et carnettiste voyageuse, elle vit et travaille actuellement à Munich, un choix de vie nomade qui est une source d’inspiration. Elle est présente au Rendez-vous du Carnet de Voyage pour exposer son carnet retraçant « 75 jours en tandem des collines moldaves aux îles grecques ».

Que viens-tu présenter au festival ?

Un voyage en tandem qui se déroule de la Moldavie en passant par la Roumanie et la Grèce pendant 2 mois et demi. L’objectif était de faire un voyage à vélo à deux, en tandem. On avait déjà fait un voyage de notre côté en solitaire, lui à vélo, moi en dessinant.

Pourquoi partir en tandem ?

En préparant le voyage, le constat était que mon compagnon de route avait une bonne condition physique tandis que je n’avais jamais fait plus de 10km à vélo. Si on voulait faire un voyage ensemble, le tandem s’imposait.

Quelle a été la rencontre marquante de ce voyage ?

Quand on s’est arrêté dans un village en Grèce, car on ne trouvait pas d’endroit pour mettre notre tente. On a demandé dans une boutique d’un village où on pouvait se mettre. Le maire est venu et nous a proposé de nous installer sur la place principale, puis il nous a donné les clés de la mairie pour aller aux toilettes. Enfin, il est revenu nous voir pour nous proposer de dormir dans la mairie. On a été invité à boire un verre, on nous a même apporté le petit déjeuner.

Après cela nous avons connu une seconde vague de générosité : je commençais à avoir une douleur à l’œil et dans un café, un homme m’a dit qu’il faut faire attention à ce type de problème et m’a laissé ses coordonnées. Puis je me suis mise à voir flou, nous avons envoyé un e-mail à cet homme pour lui demander un contact pour me soigner et il a mis tous ses réseaux en éveil ! C’était un professeur d’université réputé, il a contacté des gens dans la ville où l’on était, on est venu nous chercher à la gare et on m’a pris rendez-vous chez un médecin.

Qu’est-ce qui t’a interpellée sur place ?

En Moldavie on n’avait pas d’attentes car on ne connaissait pas du tout ce pays. C’était un voyage dans le temps car il y a plein de manières de vivre différentes, on va chercher l’eau au puit, les déplacements se font avec les vieilles voitures de l’ex URSS, avec des charrettes.

En hiver, cela doit être des conditions de vie très difficiles pour les habitants. Mais on a eu un super accueil, ce sont ceux qui ont le moins qui nous accueillent à bras ouverts. C’était le plus gros dépaysement.

As-tu des projets ?

J’habite en Allemagne et j’aime dans mon quotidien être dans un contexte différent. J’ai le projet de changer de pays mais on ne sait pas encore où on va aller. Et on voudrait continuer de faire des voyages à vélo mais plus court et rester à une échelle locale.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Simonetta Capecchi, il y a une spontanéité dans son travail. On sent qu’il y a une vie dans ses carnets.

Quel est le livre que tu nous recommandes de lire ?

Sylvain Tesson : Une vie à coucher dehors (éd. Babelio), c’est super.

Quel est le grand voyageur qui t’inspire ?

Marco Polo. Je suis paysagiste et je suis en train de préparer un projet de jardin sur le voyage de Marco Polo.

Quel est le rêve qu’il te reste à accomplir ?

Faire uniquement des voyages et dessiner.

Je te donne un billet sans retour où vas-tu ?

Au Brésil, car j’ai habité là-bas et j’ai un lien avec ce pays. Il y a plein de choses qui me parlent, la langue, la végétation, le contact avec les gens, la danse.