Defe et Laura Roncallo

Cette année, le grand prix de la Fondation d’Entreprise Michelin du Rendez-vous du Carnet de Voyage a été attribué à Defe & Laura Roncallo pour "Bali" (ed. Akinomé). Rencontre avec deux artistes italiens ravis de ce coup de projecteur sur leur travail.

Que venez-vous présenter au festival ?

Laura : Nous venons présenter notre nouvel ouvrage sur Bali qui relate le voyage fait par Alessio (Defe) et deux de nos amis en 2014. Nous avons rencontré Stéphanie, notre éditrice il y a 5 ans, elle a tout de suite cru en ce projet.

Nous avons travaillé pendant 2 ans sur ce livre. Alessio l’a illustré et j’ai écrit les textes. Nous avons voulu mettre en avant le côté traditionnel de Bali et aussi évoquer la gestion des déchets, de la pollution, du plastique et des rejets en mer. Je me mets dans la peau d’un singe blanc, personnage mythique là-bas, pour en parler. Je me suis aussi inspirée des textes de Romain BERTRAND sur ce singe blanc, un enseignant né à Clermont-Ferrand.

Comment avez-vous travaillé tous les deux ?

Laura : Nous avons discuté des dessins avec Alessio et je me suis basée sur les dessins pour écrire le texte. Nous avons trouvé l’idée du singe blanc comme personnage du livre puis j’ai commencé à écrire l’histoire tout autour du singe.

Qu’est-ce qui t’a interpellé sur place ?

Defe : J’ai été surpris par l’engouement autour des dieux. Une fois par jour dans la rue, il y avait plein d’offrandes pour les dieux et les gens brulaient de l’encens afin que les prières atteignent le ciel. La musique traditionnelle, l’odeur de ces célébrations me reviennent en tête.

Que signifie pour vous le prix de la fondation d’entreprise Michelin, reçu hier ?

Nous avons travaillé vraiment dur pendant deux ans pour faire cet ouvrage. Donc nous sommes très contents, c’est très satisfaisant de voir que les membres du jury ont apprécié notre travail car c’est toujours très difficile de savoir ce que les gens pensent d’un livre que l’on vient de publier.

Avez-vous des projets ?

Laura : Nous ferons une exposition sur « Bali », à la librairie Akinomé au printemps, à Paris.

Quel est le grand voyageur qui vous inspire ?

Laura : Cees Nooteboom est vraiment épatant.

Defe : Ce n’est pas une personne qui m’inspire mais les cabinets de curiosité. Mon atelier ressemble à un carnet de curiosité. Je ramène beaucoup de choses de mes voyages.

Quel est le rêve qu’il vous reste à accomplir ?

Laura : Je rêverais de faire un livre sur 5 ans de voyage.

Defe : J’aimerais arriver à ne vivre que de mon art.

Je vous donne un billet sans retour où allez-vous ?

Laura : En Turquie même si les conditions politiques et l’insécurité ne permettent pas d’y aller actuellement.

Defe :  Je pourrais vous dire en plein cœur de la forêt, en dehors de la ville mais j’aurais peur de me sentir trop seul. J’irais donc en Californie, j’apprendrais à faire du skateboard et je me promènerais uniquement à vélo.