ZOOM SUR… 35 LUNES

Un frère et sœur originaires de banlieue parisienne : Ségolène a fait du dessin son métier en devenant designer, tandis que Mathieu, passionné de photographie, mitraille la nature clermontoise depuis qu’il a rejoint la grand famille Michelin. De leur alliance familiale est né le premier projet de 35 lunes : « Paris-Tokyo, une lointaine proximité », qui retranscrit leurs impressions de la découverte du Japon, en mêlant dessins et photos.

Pourquoi avoir choisi le Japon pour votre premier projet ensemble ?

Mathieu : Le Japon était un peu un hasard. J’ai un ami qui travaille là-bas, et j’ai voulu lui rendre visite et en profiter pour aller y skier. On a souvent voyagé ensemble avec Ségolène, je lui ai donc proposé de m’accompagner. On a aussi souvent pensé faire un carnet de voyage, mais nous n’avions rien de concret jusque-là. Ce voyage était donc l’occasion de se lancer !

Vous dites que votre voyage au Japon a remis en cause beaucoup de vos stéréotypes. Quels étaient ces stéréotypes et qu’est-ce qui a changé ?

Ségolène et Mathieu : On pensait principalement trouver des gens fermés, froids, polis mais en façade. On s’est finalement rendu compte que les Japonais étaient beaucoup plus ouverts et chaleureux que ce que l’on pensait !

À travers ce voyage vous vous êtes rendu compte que la culture française et la culture japonaise ont finalement plus de similarités qu’on ne peut le penser. Quelles sont-elles ?

Ségolène et Mathieu : Une admiration réciproque pour la culture de l’autre. Ils adorent la culture française, et de notre côté nous aimons aussi la culture japonaise. Ils mettent du soin dans les domaines de la mode, la gastronomie, les arts, comme en France. On est très lié par la gastronomie : en France on est adepte des sushis, au Japon on raffole des pâtisseries françaises. Il y a vraiment un engouement pour l’autre culture des deux côtés, et des centres d’intérêts communs développés de manière très tangible.

Ce carnet de voyage est-il votre premier carnet ? Comment en êtes-vous venus à cette pratique ?

Mathieu : On faisait déjà des carnets depuis 3 ou 4 ans, notamment de photos pour ma part. J’avais beaucoup de photos en vrac que je mettais un peu de côté, je me suis donc dit que je devais en faire moins, et en créer un carnet. Au final tu profites plus de tes photos, tu vas plus loin.

Quelle était votre méthode pour conjuguer la photo et le dessin dans ce carnet ?

Ségolène : On a d’abord eu une discussion pour trouver un fil rouge à notre carnet, qui est passé par l’écriture, afin de trouver une continuité ensuite. Techniquement, une fois qu’on a eu le texte, le gros travail a été de trier les photos de Mathieu et de faire les découpages numériquement. J’ai ensuite dessiné à partir des découpages numériques pour créer une composition.

Quels sont vos futurs projets ?

Ségolène : Je pense qu’on va continuer à développer le projet « Paris-Tokyo, une lointaine proximité ». Pour nos futurs projets, on va peut-être aussi revoir notre méthode : jusque-là on était sur un format de voyage où on prépare peu avant et on travaille beaucoup en aval. L’idée serait de penser le projet plus en amont. Mais rien de concret pour le moment.

Vous êtes plutôt addicts à Facebook, Instagram, Twitter ou Snapchat ?

On est pas du tout addicts, on a Instagram depuis peu pour faire la promo de notre travail, mais c’est tout. Ça reste vraiment dans le cadre professionnel.

Si je vous donne un billet sans retour, où iriez-vous ?

Mathieu : L’Islande, car je suis pas mal attiré par les pays froids et les lieux isolés, et j’aimerais beaucoup voir des aurores boréales.

Ségolène : J’aime changer, donc ça m’embêterait de rester au même endroit. Je dirais peut-être retourner à Taïwan car l’ambiance, les rencontres et la gastronomie y sont géniales !

Quel est votre coup de cœur du 20e Rendez-vous ?

Ségolène : Kazuya Morimoto. J’aime son personnage, sa gentillesse. C’est aussi intéressant d’avoir son regard sur notre projet, lui qui est originaire du Japon mais qui ne connaît pas tant son pays (il vit à New-York). À l’inverse, on a pu lui apporter notre regard sur son projet en Europe.

Mathieu : J’ai beaucoup aimé le travail de Tahnee Juguin et Jean-Denis Pendanx pour « Mentawai », avec une très belle esthétique.