ZOOM SUR… JANO DUPONT

Après un séjour de cinq mois au Mexique, Jano Dupont est rentré en France avec plusieurs carnets de voyage dans lesquels il raconte la vie des pêcheurs du Yucatan. Sur son stand au Rendez-vous du Carnet de Voyage, il raconte avec passion les liens qu’il a créé sur place avec la population. Il a même trouvé une mère adoptive ! Il a aussi apporté un autre projet à Clermont-Ferrand, son Ikambéré, la maison qui relève les femmes, réalisé avec sa mère, Annabel Desgrees (Editions de l’Atelier). Pour lui, l’aventure c’est aller à la rencontre des autres, en découvrant leur mode de vie et leurs différences, considérant que pouvoir voyager est un privilège.

Comment en faisant des études de biologie marine on devient dessinateur ?

Je suis passionné de BD depuis tout petit et notamment d’une BD  de Benjamin Flao, kililana Song. Quand je l’ai lue, je faisais des études de biologie marine au Portugal et la thématique de la BD m’a particulièrement parlé.

Que présentes-tu au festival ?

C’est la première fois que je montre mes dessins à quelqu’un d’autre que mes amis ou mes parents, je suis donc impressionné d’être ici.

J’ai apporté des carnets sur mon séjour de cinq mois au Mexique. Je suis parti pour faire mon mémoire scientifique avec l’idée de le traduire en dessins pour qu’il soit plus accessible. Je raconte  la vie du village de pêcheurs du Yucatan dans lequel je vivais et la relation entre les hommes et la pêche.

J’expose plusieurs carnets de petites histoires courtes, de 5,6 pages qui résument les thèmes que j’ai abordés dans mon mémoire sur le lien entre l’écosystème et la cohésion sociale d’un village. On découvre notamment que désormais une 30e de femmes sont pêcheuses alors qu’il y a quelques années cela posait problème que des femmes fassent cette activité. Je mets aussi en avant Donia Morena qui est devenue ma mère adoptive, c’est elle qui m’a accueilli là-bas.

Tu expliques que les questions écologiques, sociales et économiques de ce port sont des questions universelles. A quels problèmes les pêcheurs sont confrontés sur place ?

Dans le village de San Felipe, le problème numéro 1 est que des pêcheurs sont sortis de la coopérative de pêche locale créée. Et cette nouvelle concurrence pose des problèmes car des étrangers sont recrutés et ils ne sont pas très bien acceptés dans le village car ils ont tendance à boire et à être violents.

Ces individus se fichent également des règles de pêche la coopérative comme le quota de poissons à respecter ou la taille des poissons à pêcher.

Au quotidien quelles sont tes actions pour préserver la planète ?

Les questions écologiques m’intéressent et sont en lien avec ce voyage. Dans mes carnets, je parle du tourisme, des mangroves et de la pêche. Mais moi, je ne fais pas grand-chose pour la planète, je suis serveur, barman et j’habite à Paris ! Mais je fais attention à ne pas commander en ligne avec des géants comme Amazon.

En voyage, tu as quel matériel sur toi ?

Durant ce voyage au Mexique, j’ai dessiné sur place et en rentrant chez moi. Je dessine beaucoup sur du kraft et de manière très brouillonne. En rentrant, je me suis isolé dans le sud de la France pour finaliser ces carnets. Je voulais faire une BD mais au final, je ne l’ai pas terminée. J’ai utilisé une boîte d’aquarelle et de l’encre de Chine.

Quels sont tes projets ?

Pas de voyage car j’ai été chanceux de pouvoir voyager pendant mes études. Ce qui m’a poussé à me poser des questions sur l’impact d’un voyage en avion.

Je suis dans le milieu associatif, je m’occupe d’enfants en décrochage scolaire dans le 93. C’est moins loin que le Mexique et ça mérite tout autant de faire un carnet de voyage sur eux.

Et j’ai un livre en vente au festival Ikambéré, la maison qui relève les femmes, fait avec ma mère, Annabel Desgrees, aux Editions de l’Atelier. Ikambéré, c’est la maison qui accueille (littéralement, en Kinyarwanda). C’est une association, à Saint-Denis, qui aide des femmes séropositives à se relever et retrouver le goût de vivre. Elles peuvent rencontrer des assistantes sociales, un professeur de sport, des conteuses… L’association leur apporte une aide psychologique et administrative. L’idée est de les accueillir autour d’un repas.

Après une enfance en Côte d’Ivoire est-ce que c’est dur de vivre à Paris ?

Oui, le retour n’était pas facile. Je suis d’ailleurs retourné en Côte d’Ivoire pour faire un stage dans un supermarché. Et mon livre est dédicacé à la nounou que j’avais là-bas qui est morte du sida. J’avais une vie d’expatrié privilégié. Et je suis très chanceux d’avoir eu cette expérience.

Quel est le plus beau personnage dessiné jamais créé ?

Corto Maltese et Bouche dorée.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?

J’ai une adresse mail gmail et un site internet, c’est tout. Je ne suis pas du tout connecté.

Je te donne un billet sans retour, tu pars où ?

Au Portugal, j’ai habité 1 an là-bas et j’ai adoré. J’espère retourner y vivre un jour. La langue est magnifique.

Quel est ton coup de cœur du Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Emmanuel Michel, ses peintures sont magnifiques !

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