ZOOM SUR… GABRIEL CAMPANARIO

Tout droit venu de Seattle, Gabriel Campanario, le fondateur du mouvement mondial d’artistes et amateurs de dessin Urban Sketchers, pose ses valises à Clermont-Ferrand. Cet Espagnol qui vit désormais aux Etats-Unis est l’auteur de « Seattle Sketcher : An Illustrated Journal », et de plusieurs ouvrages sur le dessin urbain, dont « The Art of Urban Sketching : Drawing on Location Around the World ».

Comment as-tu eu l’idée de créer le mouvement Urban Sketchers ?

Je ne me suis pas réveillé un jour en ayant cette idée. J’ai déménagé à Seattle et je me suis dit que j’avais envie de faire quelque chose qui me plaisait quand j’étais adolescent, dessiner. Et dessiner Seattle a été une bonne façon de mieux connaître ma nouvelle ville.

On était alors en 2007 et les gens mettaient leurs dessins en ligne sur des blogs. Cette passion rassemble tellement de gens, les architectes, les peintres, les voyageurs… C’est à ce moment là que je me suis dit que nous pourrions réunir tous ces dessins dans un seul endroit en ligne. J’ai commencé par ouvrir un compte Flickr appelé Urban Sketchers puis un blog lancé en novembre 2008. J’ai alors invité tout le monde à poster tous les dessins qu’ils souhaitaient afin d’en faire un blog collectif. Très vite un groupe de 30 artistes s’est formé sur le blog, ils venaient des quatre coins du monde, Londres, Tokyo, Singapour… C’était important pour moi que les gens viennent d’horizons différents.

Puis je me suis dit qu’on devrait se réunir pour dessiner ensemble dans une ville. Des groupes de dessinateurs se sont formés dans de nombreuses villes et petit à petit ça a attiré de plus en plus d’attention. En 2009, les Urban Sketchers sont devenus une association avec des bénévoles. En quelque sorte, j’ai pressé un bouton, des gens sont arrivés dans ce groupe de dessinateurs ouvert à tous et ensuite il a été impossible de retirer mon doigt de ce bouton !

Tout le monde peut s’entrainer à dessiner. Et en dessinant on apprend beaucoup sur les lieux qui nous entourent. On leur apporte davantage d’attention.

Quels sont les qualités à avoir pour être un bon Urban sketcher ?

Etre curieux, garder les yeux ouverts, c’est le plus important ! Tout ce qu’il faut avoir c’est un crayon et un carnet et vous pouvez compliquer les choses en prenant de l’aquarelle.

Que présentes-tu au festival ?

Mes carnets de poche que j’utilise tous les jours dans les transports en commun quand je vais travailler. Je dessine les gens qui m’entourent, les lieux que je vois. Ils sont très petits pour ne pas attirer l’attention et faciles à transporter. Et parfois je complète mes dessins avec de l’aquarelle.

Tu es journaliste, dessinateur au journal The Seattle Times. Te sens-tu libre de dessiner ce que tu veux ?

Je suis journaliste et j’ai donc l’obligation d’être objectif. Je ne rédige pas un édito où je peux donner mon avis personnel et je ne parle pas de sujets controversés. Certains illustrateurs utilisent leurs dessins pour promouvoir leurs idées en faveur d’une cause. Ce n’est pas mon cas.

Qu’est ce qui te plaît dans ton travail ?

J’apprends tous les jours des choses nouvelles sur Seattle. Je rencontre beaucoup de personnes ce qui me fait encore plus me sentir chez moi dans cette ville, même si je ne suis pas Américain.

Quel est le plus beau personnage dessiné ?

Quand j’étais enfant, j’aimais « Mortadelo y Filemon ». Petit, j’allais à la bibliothèque et je les dessinais.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?

Instagram !

Je te donne un billet sans retour, tu pars où ?

Je vis déjà loin de chez moi ! J’aimerai aller à Montemolín (Espagne) où mes parents sont nés. C’est un petit village très tranquille avec des églises médiévales, la nuit on voit les étoiles…

Quel est ton coup de cœur du Rendez du Carnet de Voyage ?

Elsie Herberstein, j’adore le storytelling et le style fluide de ses dessins.

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