ZOOM SUR… EMELINE RÉTIF

Lorsqu’elle pose ses valises, Émeline Rétif anime des ateliers de français à destination d’adultes migrants dans un petit quartier parisien. Le reste du temps, elle parcourt l’Europe et l’Amérique du Sud, son enregistreur à la main. Elle y récolte légendes et paysages sonores, à l’écoute des battements du monde que les visiteurs du Rendez-vous du Carnet de Voyage peuvent écouter tranquillement assis dans un transat jusqu’à dimanche soir !

Où nous emmènes-tu avec tes carnets sonores à écouter pendant le festival ?

Je présente des carnets de voyage sonores qui ont été enregistrés en Amazonie, au Pérou, au Brésil, en Estonie et à Paris.

C’est de la poésie sonore, je partage mes ressentis, les choses qui m’ont marquées, les chants d’oiseaux, les gens qui parlent dans leur langue natale. On entend les animaux, la machette qui coupe.

C’est mon loisir, ce n’est pas un métier. Quand je voyage, au lieu d’avoir des pinceaux et de l’aquarelle, j’ai un enregistreur, je prends des sons. J’ai l’impression que les gens ont plus tendance à se livrer avec un enregistreur qu’avec une caméra. J’ai d’ailleurs des heures et des heures d’enregistrement.

J’ai exposé quelques photos et des herbiers. J’adore ramener des fleurs séchées de voyage.

Quel lien crée t’on lorsqu’on voyage avec un enregistreur à la main ?

Les personnes sont émues de voir qu’on s’intéresse à leur histoire. Comme elles oublient l’enregistreur, elles se confient et on arrive à recueillir de beaux témoignages. C’est un carnet de voyage et un documentaire sonore.

J’aime le lien qui se crée au festival car les gens se remplissent les yeux au quotidien et on n’a plus le réflexe de fermer les yeux et de tout simplement écouter. Au festival, les gens sont assis dans un transat les casques font qu’ils oublient le monde extérieur. Quelqu’un m’a écrit que cette expérience était « presque hypnotique ». On voyage complètement ! Avec le son je n’impose aucune image, les gens se créent leur propre voyage à partir des sons.

Tu donnes des ateliers de français à destination des migrants. Les fais-tu travailler avec le son ?

Je suis passionnée par l’échange et l’interculturalité. Le retour en France a été dur, je vis bien parce que je suis entourée de personnes des quatre coins du monde. Tous les jours à Belleville, j’entends beaucoup de langues et c’est ce qui me permet d’être heureuse en France. D’ici quelques mois je vais faire une création sonore avec des migrants. Et ils vont chercher des personnages sonores dans Belleville pour montrer leur Paris à eux qui résonne de plein de voix, de langues.

Quel est le plus beau son à emporter avec soi quand on part en voyage ?

La forêt à l’aube quand les oiseaux se réveillent avant nous.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?

Instagram parce que j’aime l’image même si ce n’est pas pratique pour écouter des sons.

Je te donne un billet sans retour, où vas-tu ?

Edimbourg, car il y a la mer, la montagne, la forêt au même endroit ! Les gens sont si gentils et ils ont le meilleur des accents anglais. En plus ils sont écolo, ils se promènent à vélo.

Quel est ton coup de cœur du Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Juan León parce qu’il a dessiné des endroits assez reculés où je suis allée comme Alter do Chao au Brésil.

Pour en savoir plus :