ZOOM SUR… AURÉLIA BRIVET

Illustratrice, graphiste et réalisatrice de courts métrages d’animation, Aurélia a été lauréate du concours « Tfou d’animation » pour son petit film « Les Cœurs bonheur », réalisé dans les studios parisiens et diffusé sur TF1 la même année. Elle développe désormais son propre atelier de création à Roanne. Polyvalente et touche-à-tout, elle passe de l’illustration au dessin animé, du graphisme au street-art, du montage vidéo aux interventions scolaires, de la photo aux croquis de voyage… et son talent, elle l’illustre dans son premier roman graphique auto-édité « Anecdotes pleins les sacoches, ou comment j’ai rejoint l’Islande en solitaire avec le vélo de ma grand-mère ».

Tu as une passion pour l’art graphique sous toutes ses formes, et plus récemment tu t’es découvert une deuxième passion : les voyages à vélo. Comment ce goût pour le voyage à deux roues t’est-il venu ?

Une envie de liberté. J’avais fait pas mal de voyages en sac à dos, et j’étais frustrée de ne pas pouvoir m’arrêter où je voulais. Prendre le bus c’est plus contraignant avec les horaires, et tu restes finalement sur les sentiers touristiques. J’avais 25 ans et je me suis dit que j’avais envie de faire une pause, d’en apprendre plus sur moi, de me recentrer, de reprendre contact avec la nature. C’est vraiment une envie de liberté sans contraintes, de prendre le temps de faire des rencontres et faire des croquis qui m’est venue.

Et puis le vélo, c’est une histoire de famille. En 1983, mon père avait fait un voyage à vélo de plus de 33 000 km jusqu’en Inde. Pour leur voyage de noces, mes parents ont passé 5 mois à vélo au Pérou. Et ma grand-mère, elle, était partie à Istanbul avec ce vélo que je lui ai emprunté. Quand je l’ai découvert dans sa cave je l’ai trouvé très beau, ça m’a donné envie de faire comme ma famille. Je l’ai donc pris, remis un peu en état, et je suis partie à l’aventure !

Comment as-tu planifié et préparé ton voyage ?

J’avais une période de 6 mois où je n’avais pas de contraintes particulières au niveau de mon travail, ce qui ne m’obligeait pas à rester chez moi. J’ai tout de même continué à travailler sur la route et à être en contact régulier avec mes clients, j’ai donc planifié mon voyage en fonction de mon boulot. Pour me préparer, je me suis renseignée en amont sur des blogs de voyageurs. Mais au final sur la route je n’étais pas du tout assez équipée, pas même en habits. Mon matériel, je l’ai adapté au fil des semaines, en renvoyant des choses à mon domicile et en rachetant des choses sur place.

Quelle est ta définition du voyage ?

Le voyage c’est la rencontre avec les locaux, pour découvrir d’autres façons de vivre et de penser, s’imprégner de beaux paysages, de couleurs, de lumières. C’est aussi permettre de se réaliser soi-même, une quête de soi. C’est un émerveillement quotidien et un enrichissement personnel. C’est se confronter à l’imprévu.

Après ton expérience du voyage seule, que peux-tu nous dire du voyage solitaire au féminin ?

Il ne faut pas hésiter à partir, se lancer, car j’ai toujours eu un accueil bienveillant de la part des gens. Le fait d’être seule, de voyager à vélo et de dessiner ça aide à attirer la sympathie je pense, les gens ont moins peur.

Comment est né cet ouvrage « Anecdotes plein les sacoches » ? Es-tu partie en voyage avec le projet de créer un roman graphique à partir de ton expérience ?

Non, je ne pensais pas en faire un en partant. Je tenais un blog pour informer mes proches. Puis j’ai accumulé beaucoup de croquis, photos, textes, anecdotes. À mon retour, en parlant de mon voyage, les lecteurs de mon blog m’ont finalement poussée à faire quelque chose. Étant graphiste et illustratrice, je me suis dit que oui, il y avait matière à créer un beau projet.

Quels sont tes prochains projets de voyage et de création ?

Mon départ imminent dans le nord-ouest de l’Argentine pour 4 mois à vélo, en famille. Mon compagnon travaille dans l’art du cirque, moi je fais beaucoup de croquis que j’offre. Notre idée et d’échanger avec les locaux de façon artistique à travers nos disciplines.

Tu es plutôt addict à Facebook, Instagram, Twitter ou Snapchat ?

Facebook et Instagram. Je ne suis pas très assidue, mais Instagram est bien pour les photos, et Facebook est assez indispensable pour poster de l’actualité accessible.

 Si je te donne un billet sans retour, tu pars où ?

Je ferais le tour du monde, en me laissant guider, sans prévoir mon périple. Je vivrais le parcours comme un jeu de piste selon les rencontres, selon ceux qui construiront mon parcours. C’est difficile de choisir une destination, il y a de belles choses à voir partout.

Quel est ton coup de cœur du 20e Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Il y a vraiment de belles choses partout, je ne pourrais pas vraiment répondre…

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