ZOOM SUR…VALERIE ABOULKER

Peintre depuis plus de vingt ans, Valérie Aboulker puise son inspiration dans ses voyages. Et pour son carnet « Intramuros » (éditions Akinomé) qu’elle expose tout le week-end au Rendez-vous du Carnet de Voyage elle est notamment allée puiser son inspiration chez des artistes. L’immersion chez Stefano Faravelli ou Stéphanie Ledoux permet de mieux comprendre le profil de ces dessinateurs.

Que viens-tu présenter au Rendez-vous du carnet de voyage ?

Je présente « Intramuros » un travail fait pendant 3-4 ans. Au lieu d’aller directement dans une ville, je regarde la ville de loin, la silhouette de la ville et après je rentre chez les gens. Pour cet ouvrage, j’ai décidé que les gens allaient « m’emmener dans mon voyage » et pas l’inverse. Je vais allez chez Stefano Faravelli qui habite à Turin. J’ai rencontré Stéphanie Ledoux au Rendez-vous du Carnet de Voyage, on est devenu copine, et je suis allée la voir elle puis j’ai découvert sa ville, Toulouse. Je suis aussi allée dans pas mal d’ateliers d’artistes dans le monde, en Israël, à New York. Je publié des petites annonces sur Facebook, indiquant que j’allais 1 mois à New York, j’ai demandé aux gens s’ils connaissaient des personnes prêtes à m’accueillir. J’ai alors touché 2 réseaux, les « WASP » de New York, Manhattan avec des terrasses comme dans les séries américaines et des femmes afro-américaines du New Jersey chez qui je suis allée dessiner. J’arrive ainsi à voir les choses autrement, de l’intérieur.

A Rio, j’ai bien ressenti la crise notamment chez des universitaires designers, qui n’ont plus d’argent. Dans la rue on se rend compte que ça ne va pas mais chez eux, on se rend compte à quel point ça ne va pas.

Tu nous emmènes dans un voyage intime, au cœur même des maisons et des ateliers d’artistes. Que trouves-tu dans ces ateliers ? Est-ce qu’ils ressemblent aux artistes qui les habitent ?

Chez les artistes comme Stefano, je me suis retrouvée dans la maison de ses parents car son atelier est sa chambre d’enfant. C’est étonnant ! Je trouve que ça définit beaucoup de choses chez cet artiste. On voit son papa qui habite encore dans la maison et fabrique des objets à partir des dessins de Stefano.

Chez Stéphanie à Toulouse, je vois comment elle classe par pays les objets ramenés de ses voyages. Elle sort des trésors de ses caisses ! J’ai rencontré son papi avec un accent de Tarascon. On découvre un autre profil des artistes. On comprend comment ils travaillent.

Pour ce carnet, les artistes ont aussi répondu à mon questionnaire, ils expliquent pourquoi ils travaillent, ce qu’ils auraient aimé faire s’ils n’étaient pas devenus artistes.

D’où t’es venue l’idée de ce concept de ce carnet ?

Ma mère qui a la maladie d’Alzheimer retrouvait une partie de sa mémoire grâce à des objets, je me suis ainsi dit que ces objets du quotidien peuvent être important pour les gens. Ce carnet permet d’avoir le portrait des gens, sans leur tête.

 

 

Quand as-tu commencé à réaliser des carnets de voyage ?

J’ai commencé à faire des carnets de voyage à 12 ans et j’en ai 57 !

Mes carnets de voyage comme celui de New York sont faits pour être mon outil de travail, pour ensuite faire des tableaux. Et de temps en temps, j’en fais un livre. Le livre c’est un plus pour raconter des histoires de mon travail à travers mes dessins.

Pour mon voyage en Amazonie, le carnet ne va pas me suffire, je vais devoir faire des tableaux.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter ou Instagram ?

J’utilise les réseaux sociaux pour travailler. Au début j’avais un blog qui s’est reporté sur Facebook et maintenant sur Instagram. Snapchat c’est pour mon fils de 18 ans !

Si demain tu peux prendre un billet pour aller n’importe où irais-tu ?

Je retournerai en Inde, ça fait 30 ans que je n’y suis pas allée.

Quel est ton coup de cœur du festival ?

Marielle Durand parce que je l’adore en général et elle a fait un travail exceptionnel avec son livre « Bleu d’Auvergne ». Elle est allée au fond de son travail d’artiste. C’est beau de voir cette jeune femme qui travaille beaucoup, elle va au bout des choses.

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