ZOOM SUR… OLIVIER KUGLER

Hier soir le travail d’Olivier Kugler a été mis à l’honneur car les jurys du Rendez-vous du Carnet de Voyage lui ont attribué deux prix coup de cœur dans la catégorie Carnet de Voyage International et Médecins Sans Frontières. Des gages de qualité du travail que l’artiste est venu présenter au festival.

Aux côtés de Médecins Sans Frontières, Olivier Kugler a pendant plus de deux ans recueilli l’histoire de familles qui ont fui la Syrie. Les histoires qu’il raconte dans son livre « Escaping wars and waves » sont souvent tragiques mais aussi édifiantes, témoignant à la fois de l’insensibilité et de la résilience humaines.

Que viens-tu présenter au Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Je viens présenter mon livre « Escaping wars and waves » publié au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Allemagne, l’année dernière. C’est un travail réalisé pour Médecins Sans Frontières. Pendant deux semaines, j’ai rencontré des réfugiés et me suis documenté sur les circonstances de leurs arrivées. Puis, je suis rentré chez moi à Londres et j’ai commencé à dessiner.

Au final, je me suis rendu au Kurdistan irakien, sur l’île grecque de Kos et dans la « jungle » de Calais depuis laquelle les réfugiés tentent de traverser la Manche. J’ai recueilli les expériences de réfugiés à Londres, Birmingham et Simmozheim, le village allemand où j’ai grandi.

Ce travail a été publié dans des magazines, des journaux et j’ai pu l’exposer dans des festivals comme aujourd’hui au Rendez-vous du Carnet de Voyage. J’ai même eu la chance d’être publié dans le Harper’s Magazine aux Etats-Unis et de recevoir des récompenses.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?

Les enfants… D’autant plus qu’il faisait très froid quand je suis allé rencontré les réfugiés. Je me rappelle des enfants qui pleuraient. C’est très difficile de penser aux parents, c’est déchirant pour eux d’emmener leurs enfants dans un tel environnement. Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas aller à l’école car les places sont limitées. Et certains parents pensent que l’école n’est pas si importante que ça, les enfants sont donc amenés à travailler dans des restaurants ou en tant que barbier.

Quelles sont les solutions de cette crise, selon toi ?

C’est un sujet très compliqué et il n’y a pas une seule solution. Je vis à Londres et j’ai suivi les différentes prises de position du Gouvernement. Le Gouvernement britannique souligne qu’il est le plus grand contributeur financier pour cette crise mais au final, il accueille peu de migrants. L’argent n’est pas la solution.

Je suis vraiment très fier de mon pays, l’Allemagne, qui a accueilli de nombreux migrants même si cela pose des questions au sein du pays.

 

En voyage, tu as quel matériel sur toi ?

J’ai un petit carnet de voyage car je dessine peu mais je prends des milliers de photos. J’interviewe les gens, je passe des journées à les rencontrer. Comme j’ai peu de temps sur place, je ne peux pas interviewer les gens et les dessiner d’où les nombreuses photos que je prends. Une fois rentré chez moi, je commence à dessiner à partir de mes photos.

Quels sont tes projets ?

L’industrie de la pêche et le commerce lié à cette industrie m’intéressent beaucoup. Je commence à faire des recherches sur le sujet.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram ?

Aucun, je m’y suis mis mais addict non…

Si demain, tu pouvais partir n’importe où, où irais-tu ?

Sur une plateforme pétrolière dans l’Atlantic Nord. J’aime cet environnement hostile !

Quel est ton coup de cœur du RDV du Carnet de Voyage ?

J’adore les dessins de Lapin.

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