ZOOM SUR… ISABELLE CORCKET

Isabelle Corcket est partie pendant 16 jours à Pondichéry. Ce voyage « forcé » s’est révélé être au finale une très belle expérience. Elle a mis cinq jours avant de poser le crayon sur le papier, à ne rien comprendre de ce qui se passait devant ses yeux. Loin de toute attente, c’est vers elle-même qu’elle est allée. Faire connaissance avec qui l’on est : c’est peut-être, certainement, le plus beau des voyages.

Vous présente au Rendez-vous du Carnet de Voyage un carnet appelé « Pondichéry » mais vous expliquez que l’Inde n’est pas à priori le pays où vous pensiez vous arrêter. Que s’est-il passé ?

A vrai dire, je n’avais jamais pensé à cette destination. Et une amie peintre qui organisait un stage de « médiation, abstraction », m’a proposé de la rejoindre. Je lui ai dit que ce n’était pas possible mais elle a beaucoup insisté et j’ai accepté. Je suis donc allée là-bas sans que ça réponde à un désir, à une envie mais je suis très curieuse de nature.

Que raconte ce carnet « Pondichéry » ?

Il raconte ce que j’ai aimé et détesté. J’ai adoré la cuisine, les gens. J’ai détesté les temples, la religion aliénante. J’ai mis 5 jours à mettre quelque chose sur les pages car ça passait trop vite, je n’arrivais pas à capter ce que j’allais pouvoir faire. Le guide m’a demandé pourquoi je ne peignais pas, je lui ai répondu : « Je ne comprends pas ». Il m’a répondu : « Tu crois que tu vas comprendre mon Inde en 5 jours ? ». C’était ma première leçon. Au final, ce n’est qu’un carnet de ressenti. Je ne sais pas si j’y retournerai mais ce voyage m’a permis de me poser beaucoup de questions. Aujourd’hui je remercie mon amie, j’ai fait des rencontres exceptionnelles.

Quel est le souvenir le plus marquant de ce voyage ?

Je pense à un grand maitre potier qui souhaitait voir mon carnet. Je l’ai laissé avec mon carnet pour qu’il tourne les pages. Et quand je suis revenu, il m’a dit que je lui avais redonné le goût de peindre et de dessiner et qu’il m’attendrait pour peindre. On a tous les deux pleuré. Puis, il m’a laissé une heure seule dans son atelier pour que je prenne mon temps. C’était extraordinaire. Il avait besoin d’un ou deux pinceaux du coup quand je suis rentrée en France, je lui ai ait envoyer du matériel. En ouvrant son paquet, il a pleuré et avait les yeux d’un enfant qui ouvrait ses cadeaux de Noël.

 

 

En voyage, tu as quel matériel sur toi ?

J’ai une petite boite d’aquarelle et des stylos. En Inde, j’avais emmené de la gouache et mes papiers qui pèsent lourd car je travaille sur beaucoup de supports papiers différents.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter ou Instagram ?

Facebook pour rester en contact avec les gens que je rencontre et ce réseau me permet de davantage expliquer les choses.

Si demain tu pouvais partir n’importe où, tu irais où ?

En Egypte car je rêve d’y aller.

Quel est ton coup de cœur du Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Mon coup de cœur depuis toujours c’est Nicolas Roux. J’aime son style, sa calligraphie, la façon abstraite qu’il a de travailler. Il travaille en masse, en ressenti.

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