ZOOM SUR… BRUNO DAVERDIN

Dans tous les domaines, c'est un pays qui regorge d'une véritable poésie, d'une sensibilité profonde. Grâce au raffinement de son savoir-faire et de ses traditions encore fortement ancrées, la culture japonaise fascine.

Comment passe-t-on d’ingénieur paysagiste à carnettiste ? Existe-t-il des liens entre les deux ?

Le passage se fait assez naturellement. En effet, au cours des 5 années de scolarité, on effectue bon nombre de voyages d’études, où l’on arpente un territoire donné au regard de plusieurs domaines d’analyses (Historique, Géologique, Hydrologique, Écologique, …). On aborde ainsi un paysage avec toutes ses « composantes » qu’on retranscrit dans un carnet de bord en croisant toutes ces données. Notre regard et nos croquis se façonnent et s’affinent au fil des divers rendus.

Ce lien entre Carnettiste et Paysagiste est d’autant plus probant que chaque année, on nous demande d’effectuer un stage à l’étranger et de restituer à notre retour un carnet de voyage. Livré à nous même, notre approche devient plus personnelle et l’on se rend compte que cela est une bonne manière de préserver des souvenirs, retraçant des instants qui nous ont été particuliers. Aujourd’hui, cela est devenu quasiment un réflexe de partir avec un petit carnet et de quoi crayonner.

Qu’est ce qui vous attire tout particulièrement au Japon ?

Le Japon m’a, à la base, en tant que paysagiste, attiré pour la renommée de ses jardins, sa manière unique de concevoir et toute la philosophie qu’il y a derrière chaque élément.  Dans tous les domaines, c’est un pays qui regorge d’une véritable poésie , d’une sensibilité profonde. Grâce au raffinement de son savoir-faire et de ses traditions encore fortement ancrées, la culture japonaise fascine. D’autant plus pour le monde occidental tant l’éloignement spirituel est grand… Ainsi, l’expérience d’apprendre une autre manière de vivre et de penser m’a motivé à partir sur l’archipel nippon et à essayer de m’en imprégner pleinement pendant un an.

Qu’avez vous appris de ce voyage ?

Pas simple d’y répondre… Peut-être que cela m’a appris à être plus curieux et plus investi dans d’autres aspects que le « volet »paysage. Par exemple, comme j’affectionne particulièrement la cuisine, j’ai pris du temps à observer et étudier la gastronomie nippone. L’apprentissage des manières de cuisiner est très enrichissant et en dit long sur les habitudes culturelles d’un pays et de ses habitants, et, au pays du Soleil-Levant, c’est une véritable institution. Ce fut un émerveillement visuel et gustatif, d’autant que le Japon, au travers de toutes ses régions et villes mène un « marketing culinaire géopolitique » très poussé. Chaque localité a quasiment sa spécificité, et ses subtilités qui font sa renommée et pèsent dans l’attractivité d’un lieu.

D’une manière plus générale, je dirais que de se confronter à une culture qui nous est étrangère , voire aux antipodes parfois de la nôtre dans beaucoup de domaines, m’a permis d’enrichir ma façon d’aborder les choses. Ce fut une expérience très positive, tant sur le plan des connaissances que personnel.

Que présentez vous au 19e Rendez Vous du Carnet de Voyage ?

Je présente un palimpseste de regards autant paysager, culinaire, historique… que de simples faits sociétaux qui m’ont amusé, voire intrigué sur de nombreux sujets. Ayant pas mal arpenté le territoire à pied, en vélo et en stop,  j’ai tenté de donner une vision du Japon sous tous ses aspects, essayant de mettre autant en avant les petites choses du quotidien que des faits plus marquants de sa culture ou de son histoire.

C’est une approche personnelle, sans prétention, de tout ce qui m’a fasciné lors de ce périple. Cela s’apparente à un carnet de terrain, avec plusieurs clés de lecture. J’ai esquissé différentes « données » qui font la richesse de ce territoire complexe, à la manière d’un paysagiste qui veut rendre la visite d’un site plus compréhensible.

Quels sont vos projets pour la suite ? Que faut-il vous souhaiter ?

Bonne question… Pour l’année qui vient, je souhaite repartir dans le cadre d’un Permis Vacances-Travail dont la formule me permet à la fois d’exercer ma profession et de l’enrichir, tout en découvrant d’autres horizons. Ma prochaine destination pourrait être la Nouvelle-Zélande, en passant par la Corée et peut-être à nouveau le Japon, car ce pays m’a vraiment séduit.

En attendant de repartir, j’aimerais vraiment aussi reprendre mes carnets et notes de ce voyage, et tenter de faire un livre en approfondissant certaines notions et aspects pour proposer un regard assez complet : de mon pèlerinage des 88 temples, à mon passage non loin de Fukushima, mes différentes randonnées et autres expériences, il y a matière à interpeller les gens, leur proposer un regard qui susciterait l’envie d’aller découvrir ce pays fabuleux. En tout cas, ce travail me tient vraiment à cœur. J’espère réussir à attirer un peu d’engouement extérieur autour de ce projet afin de m’y investir plus sérieusement, car j’ai toujours autant plaisir à me replonger dans ces souvenirs.

Après…  je ne sais pas vraiment ce qu’il faut me souhaiter, j’aime qu’on me surprenne, je ne dis rien de précis pour espérer plein de différentes choses ! Le contact avec un large public curieux et/ou passionné du carnet de voyage avec un quelconque retour au fil des discussions me suffira déjà amplement . Cela sera sans nul doute une formidable expérience…

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