ZOOM SUR… ANNICK KAMGANG

Dessinatrice de presse née à Yaoundé (Cameroun), Annick Kamgang, alias Kam, vit et travaille à Paris. Fille d’un homme politique panafricain camerounais ayant subi la répression dans les années 1990, elle se lance dans le dessin de presse pour reprendre, à sa manière, le flambeau familial. Elle travaille pour L’Express, L’Opinion, Peuples Solidaires, Jeune Afrique, Le Monde, la fondation Africa France, ou encore L’Institut français.

Que viens-tu présenter au Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Je présente une bande dessinée reportage qui s’appelle « Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo » (éditions La Boîte à Bulles), réalisée avec la journaliste Justine Brabant. Elle raconte l’histoire d’un groupe de jeunes militants non violent dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce groupe mène une lutte sur 4 thèmes : l’alternance démocratique, l’accès à l’eau, l’accès à l’école et enfin en faveur de la justice afin que les crimes perpétués par les milices dans la région soient jugés.

Comment as-tu rencontré la journaliste Justine Brabant qui a travaillé avec toi sur cet ouvrage ?

Je suis dessinatrice de presse, je publie notamment des dessins d’actualité pour Jeune Afrique. Dans un cheminement naturel, j’ai voulu approfondir certains sujets. Et via mon réseau de collègues dessinateurs, j’ai entendu parler de l’éditeur  « Boite à Bulles » qui a une collection « Contre-Cœur » qui permet de donner sa chance aux jeunes auteurs de bande dessinée. J’ai eu vent de ce projet au Congo et j’ai contacté Justine pour lui parler du projet car elle a écrit un livre sur le Congo. On a présenté quelques planches à la maison d’édition qui a accepté.

Quelle a été votre méthode de travail ?

Deux mois après le synopsis, Justine est allée sur place après avoir eu des informations à distance. C’est elle qui s’est déplacée car elle connaissait très bien le terrain, elle a passé 3 semaines là-bas. Elle a écrit le scénario. J’ai travaillé à partir de photos et de vidéos car ce groupe est connu par les médias. Il fait souvent l’objet de reportages et le groupe est très connecté sur les réseaux sociaux.

 

Tu as travaillé avec quel matériel ?

De manière traditionnelle, avec un crayon et des stylos encre et un ordinateur pour mettre les gris et certains noirs.

Tu es plus addict à Facebook, Twitter ou Instagram ?

Instagram car ça prend moins de temps que d’autres réseaux sociaux. Sur Facebook, il y a toujours plein de notifications… Et sur Instagram la présentation visuelle est plus simple.

Si demain tu pouvais partir n’importe où, tu irais où ?

J’irai en Italie car j’aime beaucoup les illustrateurs italiens et je rêve de faire une école avec des maîtres du pastel, de la couleur.

Quel est ton coup de cœur du Rendez-vous du Carnet de Voyage ?

Didier Kassaï,  techniquement il travaille à l’aquarelle et son travail est de grande qualité au vu des conditions dans lesquelles il travaille. Son travail est d’une grande qualité graphique.