ZOOM SUR…ELENA YUZEFOVICH

"J’aime dessiner les nouveaux endroits que je visite, les situations intéressantes que je rencontre, et les gens qui me sont chers. Ces dessins me permettent de me rappeler des moments les plus importants de ma vie."

Depuis quand dessinez-vous ? Qu’aimez-vous dessiner ?

Aussi longtemps que je peux me souvenir, j’ai toujours dessiné. J’ai décidé très jeune que je serais artiste et mes parents n’ont pas eu d’autre choix que de m’envoyer dans une école d’art. Après avoir terminé le lycée j’ai été acceptée à l’Académie Stroganov des Arts Appliqués et Industriels de Moscou où en 2007 j’ai obtenu un diplôme de dessin de produit industriel. Les 10 années suivantes j’ai été tellement plongée dans le travail que j’ai perdu tout intérêt pour le dessin.

Je ne l’ai récupéré qu’il y a très peu de temps, en 2016, quand j’ai rejoint les tout nouveaux « Urban Sketchers » de Moscou. En m’intéressant au sujet de plus en plus, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus me passer du dessin. J’aime dessiner les nouveaux endroits que je visite, les situations intéressantes que je rencontre, et les gens qui me sont chers. Ces dessins me permettent de me rappeler des moments les plus importants de ma vie. J’aime particulièrement dessiner les gens. Les gens en interaction, en communication, en mouvement et dansant. Récemment j’ai aussi été très inspiré par les vieux bâtiments industriels.

Que trouvez-vous le plus intéressant à Moscou et ses vieux bâtiments industriels ?

Pour moi, la chose la plus intéressante à propos de Moscou c’est la diversité de son architecture. Elle possède une incroyable mixité de styles architecturaux. C’est un endroit où vous pouvez voir d’anciennes maisons de marchands et des églises du XIVème siècle à côté des gratte-ciel du centre financier de Moscou. Certaines personnes sont dérangées par ce patchwork étrange mais je pense que cela donne à la ville son identité unique.

En dehors de cette diversité architecturale, je suis particulièrement attirée par l’architecture post-révolutionnaire du début du XXème siècle, bâtie dans le style du constructivisme, et donc de l’héritage architectural soviétique dans son ensemble. Cependant, je suis surtout captivée par l’architecture industrielle, qui aujourd’hui expérimente une deuxième vie. Dans mes dessins, je veux illustrer la renaissance de ces anciens espaces industriels, entrepôts, usines et distilleries en clusters modernes et créatifs. Ils sont devenus des endroits pour des boutiques créatives, des lieux de travail pour artistes indépendants, lieux d’exposition, de lecture, de marché et de beaucoup de projets et d’évènements.

Ce genre de choses existe en Europe et en Amérique depuis des décennies, mais en Russie, ça n’a commencé qu’au début du XXIème siècle. La plupart des bâtiments ont été rénovés, tandis que les autres sont toujours dans un état déplorable.

Au départ, ce sont seulement les formes, les textures et les couleurs de ces bâtiments qui m’ont attirée. Cependant, j’ai rapidement cherché à m’intéresser à l’histoire de ces lieux et à inclure ces éléments dans mes dessins.

Qu’exposez-vous au festival ?

Au festival, je vais présenter une série de dessins de Moscou, où je reflète la vibrante et exubérante vie d’une grande métropole en montrant ses avenues ouvertes, ses ponts immenses, son mouvement incessant de gens, de voitures, de bateaux. L’autre grosse partie de mon travail concerne ces bâtiments post-révolutionnaires dont nous avons parlé précédemment.

Quels sont vos prochains projets artistiques ?

En tant qu’amoureuse du flamenco depuis longtemps, j’aime dessiner les danseurs en mouvement pendant leurs spectacles.
Le flamenco est un peu une aberration à Moscou parce qu’il est très éloigné de la culture russe, pourtant il est extrêmement populaire en Russie.
Il n’y a pas très longtemps j’ai commencé à dessiner les danseurs de la communauté de flamenco de Moscou. De leur côté, les danseurs, les guitaristes, les chanteurs et les percussionnistes ont commencé à partager des histoires sur leur passion et leur parcours. L’idée m’est donc venue de créer un livre à propos de cette communauté et de cette danse à Moscou. J’ai été invitée à des répétitions, des spectacles, des festivals et des cours de flamenco de différentes écoles. J’ai pu aussi dessiner des professeurs d’espagnol et leurs élèves, des danseurs et musiciens professionnels avec leurs instruments et des gens qui aiment et veulent porter le flamenco à Moscou. J’inclus dans mes dessins des petites histoires sur ces gens, ces instruments et ces lieux. Ce projet est toujours en cours et je ne suis pas encore sûre du résultat final mais je suis très heureuse d’être impliquée dedans.

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