CLERMONT DESSINE – L’INTERVIEW DE MARIELLE DURAND

Quand une élève de Clermont dessine devient professeure !

Après avoir testé l’aventure Clermont dessine dans la peau d’une élève, Marielle Durand revient en tant que professeure. Cette artiste, dessinatrice, n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle a déjà une dizaine d’années d’enseignement derrière elle, en école d’art. Les 23 et 24 juin, ça sera l’occasion d’être dans sa classe en plein air et d’apprendre à réaliser un carnet de voyage à 4 mains, de mieux appréhender la nature dans l’espace urbain. Pendant une pause, n’hésitez pas à lui parler de New York, elle aura beaucoup de choses à vous dévoiler et des carnets à vous montrer…

Après avoir été élève dans des ateliers de Clermont dessine l’année dernière, cette année tu deviens professeur. Ca fait quoi de passer de l’autre côté de la barrière ?
J’en suis ravie et je trouve ça plutôt excitant. J’ai déjà une dizaine d’années d’enseignement du dessin en école d’art donc ça n’est pas nouveau pour moi de prendre la place du professeur mais je trouve depuis toujours cette expérience aussi enrichissante qu’étonnante pour les deux parties. De mon point de vue, la création ne cesse de se nourrir de ces allers- retours entre l’apprentissage et la transmission.

Explique-nous les thèmes des deux ateliers que tu animeras les 23 et 24 juin à Clermont-Ferrand ?
L’atelier « carnet à quatre mains » vise à découvrir les bases du carnet, de la perspective, de la composition, avec un échange ludique entre les participants. Nous dessinerons chacun à notre tour les espaces ou les personnages, en commençant par ce qui nous paraîtra le plus facile et puis l’autre prendra la relève et fera les personnages, si c’est le lieu qui a été dessiné et inversement.
L’atelier « la nature dans l’espace urbain » part du même procédé bien qu’il s’agisse là de la même personne qui dessinera et non d’un duo. En effet, les formes que peut prendre la nature dans la ville permettent, par une analyse en creux, de parfois représenter plus aisément l’architecture que l’on trouve derrière ou à côté, et inversement. Nous ferons appel au cerveau droit et à quelques surprises qui devraient amener à trouver de nouvelles façons d’appréhender le dessin de ces formes complexes et pourtant particulièrement intéressantes et réjouissantes.

Quelle est la difficulté de réaliser un carnet de voyage à 4 mains ?
La difficulté de réaliser un carnet à quatre mains réside peut-être dans l’idée d’accepter que l’on ne maîtrise pas entièrement le dessin, qu’il y a non seulement une part de hasard (qui est là même quand on est seul avec son carnet) mais également l’intervention d’un autre. À venir ou passée. Mais c’est aussi la raison et l’intérêt de cet atelier :
– dans un premier temps, ne pas avoir à tout représenter (et même s’éviter ce que l’on aime moins ou avec lequel on est le moins à l’aise),
– dans le second, l’intérêt c’est d’avoir déjà un support sur lequel s’appuyer pour affronter des sujets plus difficiles ou avec lesquels on souhaite progresser.

Quels sont tes deux conseils pour bien dessiner, représenter la nature dans l’espace urbain ?
La première serait de ne pas s’en tenir à ce que l’on sait de la complexité de la nature : trop de feuilles, trop de formes différentes, trop d’éléments qui s’entremêlent et ne se voient pas forcément très distinctement. Poursuivre en analysant la forme globale et donner une « impression » de l’ensemble en essayant de faire apparaître par endroits les spécificités du végétal.
La seconde, dans ce même état d’esprit, serait de se servir du contraste de formes entre les deux types d’éléments (urbain/végétal) et de travailler « en creux », par le vide formé par l’un ou l’autre selon ce que l’on veut mettre en avant.

Le lieu de rendez-vous de cet atelier est le 10 rue du Bon Pasteur à Clermont-Ferrand, de prime abord cet endroit semble laisser peu de place à la nature. Sais-tu où tu vas
emmener tes élèves pour qu’ils trouvent inspiration ?
En effet le lieu du rendez-vous est plutôt très minéral et ne se prête pas à l’exercice proposé. J’ai donc pensé au jardin Lecoq mais cela peut tout aussi bien être un square ou une place avec des arbres. L’idée étant de montrer que ce jardin ou ce lieu se situe au cœur de la ville et donc évoquer l’architecture par des choix de compositions et d’angles de vue.

Avec qui rêverais-tu de réaliser un carnet de voyage à 4 mains ?
Je rêverais sans doute très fort si je vous répondais Delacroix. Ou William Turner, pour ses aquarelles de montagnes et bords de mer.
Plus proche de nous, il y en a beaucoup dont Benoît Guillaume avec qui nous étions au festival Embarquement immédiat à La Réunion et chez qui la liberté et l’énergie me surprennent toujours. Aleksi Cavaillez pour son univers si poétique et singulier. Nicolas Jolivot, que j’ai aperçu au dernier Rendez-vous du Carnet de voyage et avec qui je partage beaucoup d’ambitions et d’exigences sur la pratique du carnet. Les aquarelles uniques de Marc Martinillo que j’ai découvertes par d’heureux hasards sur Instagram.
Et parce que j’aurais horreur de ne penser qu’aux hommes je citerais bien évidemment Maru Godas pour sa vitalité, Valérie Aboulker pour sa sensibilité de peintre et de tisseuse de liens, Maki Shimizu, pour son dessin au stylo si faussement naïf, Delphine Dussoubs pour son travail graphique plein de joyeux contrastes.

Ses ateliers pendant Clermont Dessine !

Atelier N°6 : Carnet à 4 mains
Samedi 23 juin de 9h30 à 12h30

Atelier n°16 : La nature dans l’espace urbain
Dimanche 24 juin de 14h30 à 17h30