NICOLAS BARBERON

Nicolas Barberon voyage de lignes en lignes

Si par hasard un inconnu se met à faire votre portrait dans le métro parisien, il se pourrait qu’il fasse partie de la bande de dessinateurs de Nicolas Barberon. En 2009, il a lancé le site participatif, de lignesenlignes.com, qui rassemble aujourd’hui 95 « croqueurs » et plus de 2000 croquis de métro. Grâce au bouche à oreille, le site a rencontré son public, du succès et a même gagné durant Le Rendez-Vous du Carnet de Voyage, le prix du club de la presse Auvergne.

 

Quel est ton parcours ?

A l’âge de 20 ans, je suis arrivé à Paris pour entrer à l’école des Arts Appliqués Duperré. Les professeurs nous incitaient à dessiner partout. J’ai alors fait l’exercice dans le métro ! Au début, je faisais simplement mes gammes pour progresser et puis une fois l’école terminée j’ai continué à « croquer » les gens dans le métro. Cela me plaisait car je prenais ce transport en commun tous les jours et c’est un moment où on n’a rien à faire, mais il y a beaucoup de choses à observer. Et puis, je me suis aperçu que beaucoup de personnes dessinent dans le métro y compris des dessinateurs de bandes dessinées. J’ai alors eu l’idée de rassembler tous les croquis destinés à rester dans des carnets, sur un site.

Pourquoi avoir décidé de créer le site participatif contenant le plus grand rassemblement de croquis réalisés dans le métro parisien ?

C’est intéressant de mettre à jour un site depuis 7 ans et que de nouvelles personnes le découvrent au quotidien et que d’autres puissent apporter leur contribution. Des nombreux dessinateurs m’envoient leurs dessins et je choisis lesquels publier.

On dit souvent que les Parisiens sont peu aimables. As-tu connu de mauvaises expériences dans le métro ?

Je suis habitué aux voyages dans le métro, je vois rapidement les gens qui peuvent être insupportés par notre regard de dessinateur, parfois insistant. J’ai davantage de très bons souvenirs grâce aux personnes qui réagissent très bien.

Qu’est-ce que Croque and Roll Live ?

C’est un autre site qui existe depuis 3-4 ans. En plus de prendre le métro tous les jours, j’adore aller à des concerts. J’ai voulu essayer de retranscrire des sensations que je vois, j’entends : des gens qui bougent, des lumières, des paroles dites. C’est un collectif avec moins de monde que « De Lignes en Lignes » car l’exercice est difficile. Et les gens vont plus dans le métro qu’à des concerts. Une dizaine de croqueurs participent à ce site.

Est-ce qu’un concert t’a particulièrement marqué ?

Celui d’AC/DC car j’adore ce groupe depuis que je suis enfant et en plus j’étais situé en pelouse or ! Au début je me suis demandé si je dessinerais à ce concert et puis au bout d’un moment, ça a été plus fort que soi, j’ai sorti un crayon. J’ai dessiné le groupe qui m’a fait rêver enfant.

Cette année, vous étiez présent à Europavox avec Cécilia Pepper pour y faire un carnet. En quoi était-ce différent de ton site Croque and Roll Live ?

Un concert, c’est une soirée, un temps précis. L’intérêt d’un festival, c’est que l’on peut davantage flâner et capturer des instants de vie. C’est une chance de pouvoir vivre pendant plusieurs jours dans une ambiance de musique, de fête.

Si tu devais te délester d’une chose, ce serait quoi : le dessin, la musique ou les mots ?

Les mots ! Parce que pour moi le dessin et la musique c’est vital. Et il est possible que je dessine parce que c’est le meilleur moyen que j’ai pour m’exprimer, plus facile que l’écrit ou l’oral !

Quels sont tes projets ?

De Lignes en Ligne est exposé jusqu’à fin décembre à la maison de la RATP, à Paris.

Quel est ton coup de cœur de cette édition ?

J’aime beaucoup le travail de Benoît Guillaume, ses teintes, sa liberté de trait, son style graphique, ses couleurs.