LAPIN

                              Lapin, amoureux de Barcelone

Rencontre avec Lapin un habitué du Rendez-vous du carnet de voyage puisqu’il exposait pour la première fois en 2005 ! Ce week-end il présente Te Quiero Barcelone.

Quel est votre parcours ?

Je dessine depuis toujours, je commence même à initier ma fille qui a 15 mois. Quand j'ai annoncé à mes parents que je voulais faire une école d'art, ils étaient un peu inquiets à cause du manque de débouchés. Alors pour leur faire plaisir, j'ai fais un bac S puis je suis entré à l'école d'art appliqués de Nantes. J'en suis sorti en 2001.

J'ai travaillé comme designer à Paris et à Nantes, dans une agence de publicité.  Ce qui m’a surpris c’est que tout se faisait sur ordinateur aucun salarié n’avait de crayon à la main. Alors j'ai commencé à dessiner dans le métro, matin et soir, en allant au travail. Je faisais d'abord des portraits. C'est à ce moment là que j'ai commencé mes carnets que je qualifierais plus de carnet de bord, du quotidien, que de carnets de voyage. Puis j’ai commencé à voyager seul avec mon sac à dos, dans le but de dessiner : en Egypte, au Mexique, au Vietnam. 

Ensuite, mon agence m’a fait une proposition que je ne pouvais pas refuser : aller à Barcelone pendant un an pour ouvrir une filiale là-bas. Je suis tombé amoureux de cette ville et j’y vis encore aujourd’hui.

Pourquoi être resté vivre à Barcelone ?

Pour sa qualité de vie. Entre Paris et Barcelone, il n'y a pas photo. Quand on est indépendant, on peut travailler où l'on veut, Internet et un téléphone suffisent, il faut aussi savoir parler plusieurs langues. Dans mon cas, je travaille pour plusieurs pays, l'Espagne, le Portugal, la France…  Je suis d'ailleurs invité par différentes entreprises, dans différentes villes pour dessiner, pour donner ma vision de l'endroit. Dernièrement par exemple, j'ai réalisé un carnet sur Carcassonne, et sur la Formule 1 alors que je n’ai même pas mon permis de conduire !

Lapin

Pourquoi vous êtes-vous investi dans le collectif Urban Sketchers ? 

Urban Sketchers a permis de mettre un nom sur un phénomène qui était en train d’émerger sur Internet. Il y avait de plus en plus de blogs de dessinateurs qui publiaient leurs dessins de leur quotidien ou de leurs voyages. Puis Gabi Campanario, un journaliste de Seattle a décidé d’ouvrir un compte Flickr pour que ces dessinateurs puissent partager leur blog, et rencontrer des gens. 

Urban Sketchers c'est d'abord un manifeste et s’il fallait ne retenir qu’une seule phrase c’est « nous dessinons in situ, en extérieur ou en intérieur et croquons sur le vif ». Ce que j'aime dans cet art, c'est montrer ce qu'on ressent et ce que l’on voit. Voilà pourquoi je préfère le dessin à la photographie. Comment représenter au mieux ce que l'œil voit si un filtre est imposé ? Grâce à un crayon, dessiner tout ce que l’on voit, avoir une vision panoramique sur une surface plane, ce qu'un appareil photo ne peut pas nous offrir. J'ai envie de faire comprendre au gens que faire un carnet, ce n'est pas une question de technique. C'est d'abord basé sur une observation, un point de vue. 

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Te quiero Barcelone est un hommage à la ville dans laquelle vous vivez ?

Je considère que faire un carnet de voyage est plus simple que faire un carnet de bord. Un carnet de voyage, ça consiste à dessiner l'exotisme. Rendre tout ce que l'on voit attirant et intéressant, et ça captive les gens parce que c'est original. Dessiner ce que l'on voit tous les jours et le rendre intéressant aux yeux des gens, c'est plus difficile. C'est pour ça que je dessine Barcelone. Je me sens très bien dans cette ville et je voulais le lui rendre. Je ne voulais pas montrer le Barcelone touristique que tout le monde connait, celui des Ramblas et de la Sagrada Familia. Mais le Barcelone que j’ai mis 5 ans à connaître, celui qu'on mérite. 

Je parle d'une ville nostalgique qui va bientôt disparaître, parce qu'elle bouge beaucoup, c'est une ville dynamique, mais qui ne peut pas s'étendre car elle est coincée entre montagnes et mer. Alors son côté historique disparaît au profit du modernisme et je voudrais faire un travail de mémoire, comme un témoignage, de ce vieux Barcelone avant qu'il n'ait définitivement disparu.

 

Vous avez un coup de cœur parmi le festival ? 

Je viens d’acheter le livre d’Emmanuel Prost : Paslestine, dans quel état ? Je l’ai connu grâce au réseau de Urban Sketchers. Je suis son blog, mais je ne l'ai jamais rencontré, je vais donc aller me faire dédicacer son livre.